
De Sokodé à Lomé, le Festival KATUU 2026 a réuni formation technique, résidences d’écriture, masterclass et présentation de projets. Portée par l’association KEREWA, cette initiative en faveur des femmes dans les métiers du cinéma et de l’image a mis l’accent sur le renforcement des compétences et la décentralisation culturelle. Sa directrice, Rachel P. Kpizing, dresse un bilan positif et réaffirme l’ambition du festival de contribuer à l’émergence d’un cinéma féminin africain autonome et ancré dans ses réalités culturelles.
Former, accompagner la création et favoriser l’accès au cinéma au-delà de la capitale : tels sont les axes qui ont marqué l’édition 2026 du Festival KATUU (Rencontres des Femmes Cinéastes au Togo). À travers un programme déployé entre Sokodé et Lomé, cette initiative de l’association KEREWA a proposé aux participantes des espaces d’apprentissage, de développement de projets et de partage autour des pratiques cinématographiques.
À Sokodé, la photographie documentaire et le cinéma au contact du public

Du 22 au 26 septembre 2026, un atelier de photographie documentaire a réuni des participantes à Sokodé. Pendant cinq jours, elles ont été initiées à la captation visuelle et à la narration par l’image, deux compétences essentielles pour documenter des réalités et construire un récit photographique.
Cette formation a constitué un espace d’apprentissage pratique destiné à développer leur regard et leur maîtrise des outils de l’image.
L’étape de Sokodé a également été marquée par des projections cinématographiques ouvertes au grand public dans la cour royale du chef canton de Komah. En investissant ce lieu, le festival a favorisé la rencontre entre les œuvres et les populations locales, tout en donnant une dimension publique à son engagement en faveur du cinéma.
L’association de ces activités de formation et de diffusion illustre l’importance accordée à la fois au développement des compétences et à l’accès des populations aux œuvres cinématographiques.
À Lomé, les résidences d’écriture ouvrent des perspectives aux projets
Du 28 septembre au 3 octobre 2026, les résidences d’écriture Fiction et Documentaire ont permis aux créatrices de consacrer une semaine à l’affinement de leurs projets de courts métrages.
Cette immersion s’est achevée par une session de pitch devant un jury. Les participantes ont ainsi pu présenter leurs projets et bénéficier de perspectives concrètes en matière de production et de partenariats.
Le pitch constitue une étape importante dans le parcours d’un projet cinématographique : il permet aux créatrices de défendre leur vision, de rendre leur travail visible et de rechercher des opportunités susceptibles de favoriser sa concrétisation.
En consacrant du temps à l’écriture et à la présentation des projets, le Festival KATUU a donc abordé un enjeu majeur pour les femmes cinéastes : disposer d’un cadre propice au développement de leurs idées, mais aussi de possibilités pour les porter vers la production.




Deux masterclass entre production et création sonore
Le programme a également accordé une place aux compétences professionnelles à travers deux masterclass.
La première était consacrée à la production, avec une formation axée sur le montage financier, la recherche de fonds et la gestion de projets. Ces questions occupent une place centrale dans le développement d’une œuvre, depuis la structuration de son financement jusqu’à l’organisation des différentes étapes de sa réalisation.
La seconde masterclass, dédiée à la musique et au cinéma, a été animée par Rodrigue Bellow, du Studio Colibri. Cette session immersive a exploré le design sonore et la synergie entre la musique et l’image, mettant en lumière le rôle du son dans la construction de l’atmosphère et de la narration cinématographiques.
Ces deux rencontres ont abordé des dimensions complémentaires du métier : les moyens nécessaires pour produire un film et les choix artistiques qui participent à son identité.
Rachel P. Kpizing met en avant la décentralisation et les perspectives du festival

Pour Rachel P. Kpizing, directrice du Festival KATUU, cette édition se conclut sur un bilan positif et des perspectives prometteuses.
Elle estime que la décentralisation des activités démontre la pertinence du modèle du festival. En rapprochant la formation professionnelle des créatrices et en démocratisant l’accès au cinéma en dehors de la capitale, KATUU entend contribuer à une meilleure accessibilité des opportunités de formation et de création.
Le choix de Sokodé pour accueillir l’atelier de photographie documentaire et les projections publiques traduit cette orientation. La poursuite du programme avec les résidences d’écriture et les masterclass complète cette démarche en abordant les besoins artistiques et professionnels des créatrices.
À travers cette approche, la directrice réaffirme l’ambition du festival de participer à l’émergence d’un cinéma féminin africain fort, autonome et ancré dans ses réalités culturelles.
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KATUU, une plateforme pour renforcer la place des femmes dans le cinéma
Activité de l’association KEREWA, le Festival KATUU est une plateforme culturelle dédiée à la formation, à la promotion et à l’autonomisation des femmes dans les métiers du cinéma et de l’image.
Son édition 2026 a articulé plusieurs enjeux : la maîtrise des outils de création, l’accompagnement à l’écriture, la compréhension des mécanismes de production et la diffusion des œuvres auprès du public. Cette complémentarité permet d’aborder les défis auxquels les créatrices sont confrontées, de la conception d’un projet à la recherche de partenaires pour sa réalisation.
Au-delà des activités organisées, le festival défend ainsi une vision du cinéma dans laquelle la formation, la création et l’accès aux opportunités professionnelles participent au renforcement de la place des femmes dans le secteur.
À l’issue de cette édition, KATUU entend poursuivre cette dynamique en faveur d’un cinéma féminin africain plus fort, autonome et fidèle à la diversité de ses réalités culturelles.
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