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Doublage en Afrique: Aziz Lankoandé veut faire tomber les frontières linguistiques du cinéma africain

Doublage Aziz Lankoandé, directeur du studio voix d'Afrique

De plus en plus de films et de séries africains circulent sur le continent et à l’international, mais la diversité linguistique reste un défi majeur pour leur diffusion. Pour Aziz Lankoandé, Directeur du Studio Voix d’Afrique, le doublage peut devenir un véritable levier de circulation des œuvres africaines. Des langues locales aux plateformes internationales, il défend la construction d’une filière capable de faire voyager les histoires africaines sans leur faire perdre leur identité.

Le cinéma africain se développe dans une grande diversité de langues : français, anglais, portugais, arabe, mais aussi mooré, dioula, fulfuldé, wolof, yoruba, haoussa, swahili et bien d’autres.

Cette richesse linguistique constitue une formidable expression de la diversité culturelle du continent. Mais elle peut aussi limiter la circulation des œuvres lorsqu’elles restent confinées à leur espace linguistique d’origine.

C’est sur cette problématique qu’Aziz Lankoandé, Directeur du Studio Voix d’Afrique, entend agir.

Pour lui, le doublage ne doit pas être réduit à une simple opération technique consistant à remplacer une langue par une autre. Il peut devenir un véritable outil de diffusion, de valorisation culturelle et de rapprochement entre les publics africains.

Dans cet entretien accordé à CineAfriqueMedia, il revient sur les origines de son engagement, les défis du doublage professionnel, la place des langues africaines, les opportunités offertes par les plateformes et sa vision de cette industrie pour les dix prochaines années.

Une ambition panafricaine

CineAfriqueMedia : Qu’est-ce qui vous a conduit à créer votre studio et quelle vision avez-vous du doublage en Afrique ?

Aziz Lankoandé : Tout est parti d’un constat très simple : la barrière de la langue limite encore considérablement la circulation des œuvres africaines.

Je me suis rendu compte qu’un réalisateur ou un producteur africain peut réaliser un excellent film en dioula, en mooré, en fulfuldé ou dans toute autre langue africaine, mais que cette œuvre peut avoir énormément de difficultés à sortir de son territoire d’origine simplement parce qu’elle n’est pas accessible à d’autres publics linguistiques.

Et le problème existe également pour les films réalisés en français, puisque l’Afrique est aussi anglophone, lusophone, arabophone, etc.

À un moment donné, je me suis posé une question : pourquoi les œuvres africaines ne bénéficieraient-elles pas des mêmes possibilités de circulation que les grandes productions internationales ?

Lorsque nous étions enfants, nous avons grandi avec les films de Denzel Washington, Jackie Chan, Jean-Claude Van Damme, Arnold Schwarzenegger ou Sylvester Stallone. Nous les regardions en français, alors que ces acteurs ne parlent évidemment pas français. Leurs films avaient donc été adaptés et doublés pour pouvoir atteindre des publics qui ne parlaient pas leur langue d’origine.

Cela m’a fait comprendre que le doublage n’était pas simplement une opération technique ou linguistique. C’est aussi un outil qui permet à une œuvre de franchir les frontières.

Je me suis alors demandé : pourquoi ne pas faire la même chose pour nos productions africaines ?

C’est cette réflexion qui m’a conduit à créer Studio Voix d’Afrique avec mes associés, avec l’ambition de contribuer à structurer une véritable offre professionnelle de doublage au Burkina Faso et, plus largement, en Afrique.

Notre objectif est double.

D’une part, nous voulons permettre aux réalisateurs et producteurs africains de faire voyager leurs œuvres. Un film burkinabè réalisé en mooré, en dioula ou en fulfuldé peut être adapté dans d’autres langues afin d’atteindre des publics francophones, anglophones ou d’autres communautés linguistiques, tout en préservant son identité, son message et son essence.

D’autre part, nous voulons également faire le chemin inverse : prendre des œuvres venues d’ailleurs et les rendre accessibles aux publics africains, notamment dans nos langues locales.

C’est justement là que se trouve, pour moi, une partie essentielle de la valeur ajoutée de Studio Voix d’Afrique : les langues africaines.

Je suis convaincu que la langue ne sert pas seulement à traduire un message ; elle permet aussi de créer une véritable connexion avec le public. Lorsqu’un film s’adresse à quelqu’un dans une langue qu’il comprend, le message devient accessible. Mais lorsqu’il s’adresse à cette personne dans sa langue maternelle, il peut aller beaucoup plus loin.

J’aime résumer cette conviction par une phrase : « Quand on parle à quelqu’un dans une langue qu’il comprend, on touche sa raison. Mais quand on lui parle dans sa langue maternelle, on touche son cœur. »

Notre vision est donc de contribuer à faire du doublage un véritable maillon de l’industrie audiovisuelle africaine : un pont entre les langues, les cultures et les marchés, capable de permettre aux histoires africaines de voyager en Afrique et au-delà du continent.

Les freins au doublage

Pourquoi le doublage reste-t-il encore sous-développé en Afrique ?

À mon sens, l’une des premières raisons est la méconnaissance de cette possibilité par une partie des professionnels de l’audiovisuel.

Aujourd’hui encore, beaucoup de producteurs et de réalisateurs africains ne pensent pas nécessairement au doublage comme à une étape qui peut permettre à leur œuvre de toucher d’autres marchés.

Et c’est justement pour cela que, chez Studio Voix d’Afrique, nous essayons autant que possible de parler du doublage, de le montrer et de le rendre concret.

Nous réalisons notamment des extraits et des démonstrations pour montrer aux réalisateurs et aux producteurs que ce qui peut sembler théorique est en réalité parfaitement réalisable.

Un film produit en dioula, par exemple, peut avoir une version en wolof, en français, en anglais ou dans une autre langue, tout en conservant son identité et son intention artistique.

Évidemment, il ne suffit pas de traduire un texte et de demander à quelqu’un de le lire. Le doublage est un véritable travail artistique.

Il faut une adaptation qui respecte le contexte et les intentions du scénario, un casting vocal adapté aux personnages, une direction artistique capable de retrouver les émotions et les intentions de jeu originales, puis tout le travail technique de prise de son, de montage, de mixage et de contrôle qualité.

Lorsqu’il est bien réalisé, le spectateur ne devrait d’ailleurs presque plus penser au fait qu’il regarde une œuvre doublée.

C’est quelque chose que nous connaissons déjà très bien avec les productions internationales. Au Burkina Faso, par exemple, nous regardons depuis longtemps des films et des séries qui ont été produits dans d’autres langues, mais que nous suivons en français. Avec les plateformes de streaming comme Netflix ou Prime Video, cette réalité est devenue encore plus évidente.

Quand nous regardons une œuvre étrangère parfaitement doublée en français, nous ne nous demandons pas constamment : « Est-ce que l’acteur disait réellement cela en français ? » Nous entrons simplement dans l’histoire.

C’est parce que derrière ce résultat, il y a tout un travail de traduction, d’adaptation, de casting, de direction artistique et d’interprétation.

C’est cette même exigence que nous devons progressivement développer pour les œuvres africaines.

Je pense donc que le problème n’est pas nécessairement l’absence de productions ou de talents. Il y a énormément de créateurs, de comédiens et de techniciens talentueux sur le continent.

Le véritable enjeu est aussi de faire connaître le doublage, de professionnaliser davantage la filière et de faire comprendre aux producteurs qu’il peut constituer un véritable levier de diffusion et d’exportation.

C’est pourquoi nous essayons, à notre niveau, de sensibiliser et de démontrer que le doublage peut permettre à une œuvre africaine de franchir les frontières linguistiques sans perdre son âme.

Pour moi, le véritable objectif est là : faire en sorte qu’un film ne soit plus limité par la langue dans laquelle il a été produit.

Adapter sans dénaturer

Doublage Aziz Lankoandé, directeur du studio voix d'Afrique
Aziz Lankoandé, Directeur du Studio Voix d’Afrique.

Quels sont les principaux défis de l’adaptation d’un film pour plusieurs marchés africains ?

Le premier défi, à mon sens, est de comprendre qu’on ne double pas simplement des mots, on adapte une œuvre à un nouveau public.

Lorsqu’un film ou une série doit être diffusé dans plusieurs pays africains, la première étape est évidemment la traduction. Mais une bonne traduction ne consiste pas à transposer les phrases mot à mot.

Il faut comprendre le contexte, les expressions, l’humour, les références culturelles et surtout l’intention du personnage.

Une expression qui fonctionne parfaitement en français peut ne pas avoir le même sens ou le même impact en mooré, en dioula, en wolof ou en anglais. Il faut donc parfois reformuler, adapter et rechercher l’équivalent culturel qui permettra au spectateur de recevoir la même intention que dans la version originale.

Ensuite vient le travail sur les voix. Le casting vocal est extrêmement important. Il ne suffit pas de trouver quelqu’un qui parle correctement la langue.

Il faut trouver une voix qui corresponde au personnage : son âge, sa personnalité, son énergie, son statut social, son tempérament. La voix doit être crédible et surtout cohérente avec ce que le personnage représente à l’écran.

Il y a également la direction artistique. C’est elle qui permet de conserver les émotions et les intentions de jeu de la version originale.

Un personnage qui doit être drôle, agressif, fragile, amoureux ou autoritaire doit provoquer chez le spectateur de la version doublée une émotion comparable à celle recherchée dans la version originale.

Et cela demande de véritables comédiens. Le doublage est un métier d’interprétation. Le comédien doit jouer avec sa voix, mais également respecter le rythme, le mouvement des lèvres, les silences et les réactions du personnage à l’image.

Il y a enfin toute la partie technique : synchronisation, qualité des enregistrements, montage, mixage, contrôle qualité et respect des spécifications de diffusion.

Lorsqu’on travaille pour plusieurs marchés ou plusieurs langues, il faut être capable de maintenir le même niveau d’exigence sur chaque version.

Mais je pense qu’il y a un autre défi, particulièrement important en Afrique : respecter la diversité linguistique sans effacer les identités culturelles.

Notre objectif ne doit pas être de produire une version qui soit simplement « compréhensible ». Il faut produire une version qui soit naturelle pour le public auquel elle s’adresse.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je crois beaucoup au développement de compétences locales.

Nous avons sur le continent des comédiens, des traducteurs, des adaptateurs, des directeurs artistiques et des techniciens capables de faire ce travail. Il faut maintenant davantage structurer ces compétences et créer des standards professionnels qui permettent de travailler à l’échelle internationale.

Pour moi, un doublage réussi, c’est finalement lorsque le spectateur oublie qu’il regarde une œuvre doublée. Il ne doit pas sentir une traduction derrière les dialogues ; il doit simplement avoir l’impression que cette histoire lui parle naturellement dans sa propre langue.

Lire Aussi (The Legend of the Vagabond Queen of Lagos: Une histoire de résistance venue des quartiers flottants de Lagos au cinéma en Afrique francophone)

Un pont entre les Afriques

Le doublage peut-il rapprocher les différentes régions linguistiques du continent ?

Oui, absolument. Et je pense même que le doublage peut devenir l’un des outils majeurs de circulation des œuvres africaines sur le continent.

L’Afrique est un continent extrêmement riche sur le plan linguistique et culturel. Mais cette richesse peut aussi devenir une barrière lorsqu’une œuvre reste enfermée dans la langue dans laquelle elle a été produite.

Prenons un exemple simple : un excellent film produit au Burkina Faso en dioula peut avoir un public potentiel bien au-delà du Burkina Faso.

Il peut intéresser des spectateurs en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Ghana, au Nigeria ou ailleurs. Mais pour que cette œuvre puisse réellement rencontrer ces publics, il faut pouvoir la rendre accessible dans leurs langues.

Le doublage permet justement de créer ce pont.

Un film produit en Afrique francophone peut être adapté en anglais pour atteindre les marchés anglophones, mais également en portugais ou en arabe selon les territoires et les publics visés.

Et l’inverse est tout aussi important : une production nigériane, ghanéenne, sud-africaine ou d’un autre pays anglophone peut être doublée en français ou dans des langues africaines afin de toucher de nouveaux publics.

Il ne s’agit donc pas simplement de faire circuler les films du Nord vers le Sud ou d’une zone linguistique vers une autre. Il faut créer une véritable circulation dans les deux sens.

Et je pense que les langues africaines doivent avoir une place centrale dans cette dynamique.

Pendant longtemps, lorsqu’on parlait d’exportation audiovisuelle, on pensait essentiellement à produire en français ou en anglais pour toucher le plus grand nombre.

Mais nous avons aussi une formidable opportunité de valoriser nos langues locales.

Un film peut être produit en mooré, en dioula, en wolof, en yoruba, en haoussa, en swahili ou dans bien d’autres langues, puis voyager grâce au doublage.

Cela permettrait non seulement aux œuvres de circuler, mais aussi aux langues africaines de devenir des langues de diffusion, de création et de consommation culturelle à part entière.

Et il y a quelque chose de très important : le doublage ne doit pas conduire à uniformiser les cultures.

Au contraire, il doit permettre à chaque œuvre de conserver son identité tout en devenant accessible à d’autres publics.

C’est là que le travail d’adaptation culturelle et de direction artistique devient essentiel. Il faut savoir transmettre une histoire à un nouveau public sans lui retirer ce qui fait son identité.

Je crois donc profondément que nous pouvons construire une sorte de pont audiovisuel entre les différentes Afriques : francophone, anglophone, lusophone, arabophone, mais aussi entre toutes nos communautés linguistiques locales.

Et si nous arrivons à mettre en place des studios, des talents, des standards professionnels et des réseaux capables de travailler dans plusieurs langues, alors une œuvre produite dans un pays africain ne sera plus nécessairement limitée à son marché d’origine.

Elle pourra voyager d’une langue à l’autre, d’une culture à l’autre et, finalement, d’un pays africain à l’autre.

C’est exactement le type d’industrie que nous voulons contribuer à construire avec Studio Voix d’Afrique : une industrie où la diversité linguistique de l’Afrique ne constitue plus une frontière, mais devient un moyen de connecter les publics entre eux.

L’enjeu des plateformes

Les plateformes peuvent-elles accélérer le développement du doublage africain ?

Je dirais que oui, mais avec une nuance : nous avons déjà les compétences et les initiatives nécessaires pour commencer à répondre à cette demande, mais nous devons encore renforcer et structurer davantage la filière.

Studio Voix d’Afrique en est d’ailleurs une illustration concrète. C’est justement pour répondre à cette nécessité que nous avons créé le studio : parce que nous avons compris que le développement des productions africaines devait nécessairement s’accompagner de solutions permettant à ces œuvres de circuler dans plusieurs langues.

Avec l’essor des plateformes comme Netflix, Canal+ et d’autres services de streaming, cette nécessité devient encore plus évidente.

Lorsqu’on regarde aujourd’hui une œuvre sur une grande plateforme internationale, on constate qu’elle est souvent disponible dans plusieurs langues.

Un film peut être produit à l’origine en espagnol, en portugais ou dans une autre langue, puis être proposé en français, en anglais et dans de nombreuses autres langues.

Cela nous montre quelque chose d’essentiel : une œuvre audiovisuelle peut être pensée dès le départ pour dépasser sa langue d’origine.

La question que nous devons maintenant nous poser en Afrique est donc : pourquoi ne pas appliquer cette même logique à nos propres productions ?

Nous avons une richesse linguistique exceptionnelle. Nous avons des comédiens, des traducteurs, des adaptateurs, des ingénieurs du son, des directeurs artistiques et de nombreux autres professionnels talentueux.

Ce que nous devons faire maintenant, c’est davantage structurer ces compétences, développer les infrastructures et créer des réseaux professionnels capables de répondre aux exigences des diffuseurs et des plateformes internationales.

Il faut également penser en termes de qualité.

Les plateformes internationales imposent des standards techniques et artistiques élevés. Le défi n’est donc pas simplement d’avoir des personnes capables de parler plusieurs langues. Il faut être capable de produire un doublage professionnel, cohérent et conforme aux standards de diffusion.

C’est précisément dans cette dynamique que nous voulons inscrire Studio Voix d’Afrique.

Nous voulons pouvoir accompagner les productions africaines dans leur adaptation linguistique, mais également répondre aux besoins de productions et de plateformes qui souhaitent rendre leurs contenus accessibles aux publics africains, notamment dans les langues locales.

Et je pense que nous sommes encore au début de quelque chose de beaucoup plus grand.

L’Afrique produit de plus en plus de films et de séries. Si nous voulons que ces œuvres circulent réellement à l’échelle du continent et au-delà, il faut penser à toute la chaîne : production, traduction, adaptation, doublage, sous-titrage, post-production, distribution et diffusion.

Le doublage doit donc être considéré comme un véritable maillon de cette chaîne.

Nous avons déjà les premiers studios, les premiers talents et les premières initiatives. Maintenant, il faut passer à une logique de structuration et de mise à l’échelle.

C’est là que je vois une grande partie de l’avenir du doublage africain : faire en sorte que la richesse de nos productions soit accompagnée par une capacité tout aussi forte à les faire voyager.

Former les talents

Doublage au studio voix d'Afrique

Quels métiers faut-il développer pour structurer une véritable filière africaine ?

Il faut d’abord comprendre que le doublage est une chaîne de métiers. Ce n’est pas simplement un comédien qui vient enregistrer une voix devant un microphone.

Nous avons besoin de comédiens spécialisés, mais aussi de traducteurs et d’adaptateurs capables de travailler sur des textes destinés au doublage, de directeurs artistiques capables de préserver les émotions et les intentions de l’œuvre originale, ainsi que d’ingénieurs du son, de monteurs et de techniciens de post-production.

Il y a également un enjeu particulièrement important pour l’Afrique : professionnaliser le travail dans nos langues locales.

Parler une langue comme le mooré, le dioula, le wolof ou le fulfuldé ne signifie pas nécessairement savoir l’utiliser dans un processus de doublage professionnel.

Il faut donc former des comédiens, des traducteurs et des adaptateurs spécialisés.

C’est aussi pourquoi, chez Studio Voix d’Afrique, nous voulons aller au-delà de la production de doublages : nous voulons contribuer à former et à faire émerger de nouveaux talents.

Pour construire une véritable industrie africaine du doublage, nous devons donc développer les compétences, les formations et les infrastructures, mais également créer des standards professionnels communs.

Il ne suffit pas d’avoir des studios ; il faut construire tout un écosystème de compétences capable de faire voyager nos œuvres.

Une industrie dans dix ans

Quelle industrie du doublage imaginez-vous dans dix ans, et quelle place pour Studio Voix d’Afrique ?

Dans dix ans, j’aimerais voir une véritable industrie africaine du doublage, avec des studios professionnels dans plusieurs pays, des comédiens et des techniciens formés, des spécialistes de nos langues africaines et surtout des productions africaines capables de circuler naturellement d’un marché à l’autre.

J’aimerais qu’un film produit au Burkina Faso puisse être doublé en anglais, en wolof, en portugais ou dans d’autres langues africaines et être accessible à de nouveaux publics, sans perdre son identité.

Et que nous puissions faire la même chose avec les œuvres produites ailleurs sur le continent.

Je pense également que les langues africaines doivent avoir une place beaucoup plus importante dans cette industrie.

Elles ne doivent pas être considérées comme une limite à la diffusion, mais comme une richesse qui peut permettre aux œuvres de toucher des publics encore plus larges.

Personnellement, je souhaite que Studio Voix d’Afrique participe pleinement à cette construction.

Je ne veux pas simplement que nous soyons un studio qui réalise des doublages. Je souhaite que nous contribuions à former des talents, à développer les compétences dans nos langues et à créer des passerelles entre les différentes industries audiovisuelles africaines.

Mon ambition, au fond, est assez simple : faire en sorte qu’une histoire africaine ne soit plus limitée par la langue dans laquelle elle a été racontée.

Si, dans dix ans, un film produit dans une langue africaine peut être vu naturellement par un public à Dakar, Lagos, Nairobi, Luanda, Casablanca ou ailleurs dans le monde grâce au doublage, alors nous aurons réellement contribué à faire avancer notre industrie.

Et j’aimerais que Studio Voix d’Afrique ait participé à cette transformation.

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Faire voyager les histoires africaines

À travers cette vision, Aziz Lankoandé défend une idée qui dépasse le seul secteur du doublage : permettre aux histoires africaines de circuler sans que la langue constitue une frontière.

La construction de cette industrie passera notamment par la formation des talents, la professionnalisation des métiers, le développement des infrastructures et la reconnaissance des langues africaines comme de véritables langues de création et de diffusion.

Le défi est désormais de transformer cette ambition en un écosystème capable d’accompagner la croissance du cinéma et de l’audiovisuel africains.

Car produire davantage d’histoires africaines est une chose. Leur donner les moyens de voyager d’une langue à l’autre, d’une culture à l’autre et d’un public à l’autre en est une autre.

Et c’est précisément dans cet espace que le doublage pourrait prendre une place croissante dans l’avenir de l’industrie audiovisuelle africaine.

Lire aussi (Cinekita : 30 ans de savoir-faire au service des œuvres audiovisuelles)

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2 thoughts on “Doublage en Afrique: Aziz Lankoandé veut faire tomber les frontières linguistiques du cinéma africain”

  1. Bonjour !
    Bien j’espère chez toi cousin !!
    Juste mes encouragements à toi et à toute ton équipe !
    Que Dieu facilite la suite et bien de choses à toi !

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