
De la scène de mode aux plateaux de tournage, Alassane Sylla incarne une nouvelle génération de talents africains capables de cumuler plusieurs casquettes : acteur, directeur artistique et costumier. Dans cet entretien accordé à Cineafriquemedia, il revient sur son parcours, sa vision du cinéma Malien et africain et les défis de l’industrie.
Dans un contexte où le cinéma malien connait une nouvelle dynamique portée par le numérique et les séries locales, de nouveaux talents émergent et redéfinissent l’industrie.
Presentez-vous à nos lecteurs
Je suis Alassane SYLLA, Mannequin, Acteur, costumier et directeur artistique.
Comment votre passion pour le cinéma est-elle née ?
Ma passion pour le cinéma remonte à mes débuts dans le mannequinat, notamment en tant que modèle photo et sur les podiums. Être sous les projecteurs, transmettre une émotion, raconter quelque chose au public… tout cela était déjà en moi.
Le cinéma s’est naturellement imposé comme une évidence. Après mon deuxième contrat, j’ai décidé de m’y consacrer pleinement en me lançant concrètement dans ce milieu.
Comment décririez-vous votre parcours jusqu’à aujourd’hui ?
C’est un parcours passionnant, mais aussi très formateur. Dès mes débuts, je me suis toujours considéré comme un apprenant.
Dans le cinéma, on n’arrête jamais d’apprendre. Chaque projet, chaque collaboration est une nouvelle école.
Quel projet a été le plus déterminant dans la carrière d’Alassane Sylla ?
Sans hésiter, “Le goût des sentiments”. Ce n’est pas forcément l’ampleur du projet qui m’a marqué, mais le niveau de responsabilité. Pour la première fois, j’étais à la fois acteur, directeur artistique et costumier.
C’était un énorme défi. Il fallait tout donner… et j’ai tout donné.
Quelle est votre vision du cinéma africain aujourd’hui ?

Le cinéma africain est comme un lion encore caché sous un baobab. Mais le jour où il rugit, le monde entier tourne la tête.
Aujourd’hui, il est en pleine montée sur la scène internationale, même s’il reste encore sous-estimé.
Quels sont, selon vous, les principaux défis du secteur ?
Soyons lucides, il y a plusieurs obstacles :
- le manque de financement
- une distribution encore limitée
- des infrastructures fragiles
peu de plateformes locales puissantes face aux géants internationaux
En tant que directeur artistique, quelle est votre mission ?
Mon rôle ne se limite pas à l’esthétique. C’est avant tout porter une vision. Valoriser notre culture, raconter notre histoire et transmettre un message. Chaque personnage que j’incarne ou que je construis doit porter une leçon.
Quel impact le numérique a-t-il sur le cinéma africain ?
Le numérique, ce n’est pas juste un outil. C’est une porte secrète qui s’est ouverte dans un mur. Avant, il fallait passer par des circuits fermés. Aujourd’hui, un film peut être créé à Bamako et être vu à Tokyo en une nuit.
Quelles collaborations vous ont marqué ?
Plusieurs collaborations ont été déterminantes dans mon parcours. Mon premier mentor Siaka Comakara, aujourd’hui collègue, m’a énormément marqué par son écoute et sa capacité à débattre. Sur la série Héritage, j’ai connu un autre mentor du nom de Cheick Abdel Sissoko; réalisateur à Yéta Tv aujourd’hui.
J’ai aussi travaillé avec des talents remarquables venant de plusieurs pays africains, notamment Osman DIOP et Lamine Cissoko du Sénégal, Eunice Zounon de la Côte d’Ivoire. Ces expériences m’ont permis de grandir et d’élargir ma vision du cinéma.
Que pensez-vous de Yeta TV et de son impact ?
Yeta TV, ce n’est pas juste une chaîne. C’est un symbole. C’est une plateforme digitale malienne qui a compris très tôt le potentiel du numérique.
- Une production constante
- Une forte audience
- Une visibilité internationale
Ils ont réussi à connecter le public local et la diaspora. Certes, tout n’est pas parfait, notamment sur certains aspects techniques. Mais ils s’améliorent.
Pour moi, Yeta TV est :
- un laboratoire
- une école
- une porte vers l’international
Si le cinéma malien était une ville, Yeta TV serait le quartier le plus vivant.
Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui veulent se lancer ?
La passion est essentielle.
Sans passion et sans courage, on abandonne en chemin.
Ce métier demande de la persévérance et de la détermination.
Vos projets en cours ?
Je travaille actuellement sur plusieurs projets :
- Obsession (acteur, directeur artistique et costumier)
- La nouvelle épouse (directeur artistique et costumier)
À travers son parcours, il incarne une génération de créateurs africains polyvalents, engagés et résolument tournés vers l’avenir. Entre passion, créativité et détermination, il contribue à écrire une nouvelle page du cinéma africain.
Filmographie
- Romance à Bamako (série 2021)
- Héritage (série 2022)
- Seconde Chance (série 2023)
- Le goût des sentiments (série 2024)
- Obsession (série 2026)
Cinéafriquemedia, la victrine du cinéma africain
Allassane est un grand pas que par la taille mais aussi par le charisme le talent la creativité et l intelligence ,son esprit vif sa discipline son ecoute en toute circonstance et sa tolerance font de lui un grand architecte dans le metier
Effectivement. Vous avez tout dit. Merci d’être une abonnée réactive de notre site.