HomeBlogCinema AfricainÀ L’ESRA Beaugrenelle, une nouvelle page du cinéma africain s’écrit.

À L’ESRA Beaugrenelle, une nouvelle page du cinéma africain s’écrit.

Observatoire de l'audiovisuel africain

Lancé le 15 mai à Cannes, à l’occasion de la première édition du Sommet de la Souveraineté Narrative, l’Observatoire de l’Audiovisuel Africain franchit une nouvelle étape. L’ESRA renforce son partenariat avec L’Étoile de l’Afrique® et accueille désormais l’Observatoire dans son amphithéâtre de Beaugrenelle. Formation, accompagnement, projections, masterclass, rencontres professionnelles et permanence deux mardis par mois : derrière cette alliance se dessine une ambition plus large, entre Afrique, Europe et diasporas. Celle d’un véritable Printemps du cinéma africain.

Il y a des partenariats que l’on annonce.

Et puis il y a ceux qui finissent par devenir une évidence.

L’histoire de celui qui unit aujourd’hui l’ESRA et L’Étoile de l’Afrique® commence, symboliquement, à Cannes.

Le 15 mai, sur le Marché International du Film du Festival de Cannes, au sein du Pavillon Afronova, la première édition du Sommet de la Souveraineté Narrative réunissait professionnels, talents, institutions et décideurs autour d’une question qui dépasse largement les écrans :

Qui raconte l’Afrique, qui produit ses récits, qui les finance, qui les distribue — et qui en conserve la maîtrise ?

C’est à cette occasion qu’a été officiellement lancé l’Observatoire de l’Audiovisuel Africain.

Quelques mois plus tard, cette réflexion trouve une adresse.

À Paris, dans le quartier de Beaugrenelle, l’amphithéâtre de l’ESRA devient la maison de l’Observatoire de l’Audiovisuel Africain.

Le symbole est puissant.

Car l’ESRA n’est pas une école arrivée hier dans le paysage du cinéma.

Fondée en 1972, elle appartient à ces institutions françaises qui ont traversé les transformations successives de l’image : cinéma, télévision, son, numérique, nouvelles écritures et désormais intelligence artificielle.

Des générations de professionnels y ont appris que derrière la magie d’un écran se cachent d’abord des métiers, des méthodes, de la technique, de la transmission et une exigence.

Cette antériorité compte.

À une époque où l’on peut parfois devenir « expert international » entre deux publications LinkedIn et trois podcasts, elle compte même beaucoup.

Dans une industrie où l’on confond parfois visibilité et légitimité, l’ESRA possède quelque chose qui ne s’achète pas : le temps.

  • Le temps de la transmission.
  • Le temps de l’expérience.
  • Le temps nécessaire pour construire une institution.

C’est précisément ce qui rend son rapprochement avec L’Étoile de l’Afrique® particulièrement intéressant.

Deux forces qui ne se ressemblent pas — et c’est précisément leur force

D’un côté, une grande école française de cinéma solidement installée dans son histoire.

De l’autre, un écosystème beaucoup plus jeune, construit à grande vitesse autour d’un constat simple : les industries africaines de l’image ont besoin de données, certes, mais surtout d’outils permettant à ceux qui les font de se former, produire, financer et faire circuler leurs œuvres.

Au centre de cette accélération : Tzipporah MAYALA.

Fondatrice de L’Étoile de l’Afrique® et directrice de l’Observatoire de l’Audiovisuel Africain, elle développe un positionnement singulier, à la frontière du cinéma, de la formation, de l’intelligence économique, de l’intelligence artificielle et de la diplomatie culturelle.

Sa force de frappe tient moins à l’accumulation de titres qu’à sa capacité à faire entrer dans une même pièce des mondes qui se parlent encore trop peu : talents africains, producteurs, écoles, diffuseurs, institutions, experts, médias, diasporas et acteurs publics.

Elle parle cinéma, mais demande où sont les financements.

Elle parle talents, mais pose immédiatement la question de leur professionnalisation.

Elle parle création, mais veut savoir qui possède les droits.

Elle parle Afrique, mais refuse obstinément de parler de 54 pays comme s’il s’agissait d’un seul marché.

Et lorsqu’on lui parle souveraineté narrative, elle finit généralement par demander où sont les données, les contrats et les moyens de production.

C’est moins romantique qu’un tapis rouge.

C’est aussi beaucoup plus utile.

Écouter ceux qui font

Mais entre Cannes et Beaugrenelle, une étape essentielle a eu lieu : l’écoute du terrain.

Les retours des adhérents africains de L’Étoile de l’Afrique® font apparaître deux besoins particulièrement récurrents : la formation et la production.

Deux mots simples.

Et pourtant, ils disent beaucoup.

Car derrière la formation se cachent la professionnalisation des métiers, l’écriture, la maîtrise des dossiers de production, le droit, la production exécutive, les nouveaux outils numériques, l’intelligence artificielle ou encore la capacité à répondre aux standards internationaux.

Et derrière la production se trouvent les moyens.

  • Les financements.
  • Les infrastructures.
  • Les contrats.
  • Les diffuseurs.

La capacité à transformer une idée en œuvre et une œuvre en industrie.

Ces remontées de terrain posent nécessairement une question plus inconfortable.

Comment expliquer que sur un continent où certains groupes audiovisuels sont implantés depuis des décennies, les professionnels continuent de placer la formation et l’accès à la production parmi leurs premières préoccupations ?

La question mérite mieux qu’un procès d’intention.

Mais elle mérite aussi mieux que le silence.

Être présent sur le Continent Mère ne peut plus seulement signifier y chercher des audiences, des abonnés, des histoires ou des talents.

La nouvelle étape doit être celle de la transmission, de la coproduction, de la professionnalisation et de la construction de capacités locales durables.

C’est aussi cela, la souveraineté narrative.

De l’observation à l’action

C’est précisément sur ce terrain que la collaboration entre l’ESRA et L’Étoile de l’Afrique® prend une autre dimension.

Il ne s’agit plus seulement d’observer.

Il faut désormais transmettre et fabriquer.

La collaboration doit ainsi permettre de développer à Beaugrenelle plusieurs formats complémentaires : formations, accompagnement de projets, projections, masterclass, rencontres avec des professionnels, échanges avec les industries, conférences et temps de réflexion autour des transformations contemporaines du cinéma et de l’audiovisuel.

L’idée est simple : créer un continuum.

  • Un talent peut venir se former.
  • Un porteur de projet peut être accompagné.
  • Un film peut être projeté.
  • Son réalisateur peut rencontrer des étudiants et des professionnels.
  • Un producteur africain peut confronter son expérience à celle d’un producteur européen.
  • Un diffuseur peut expliquer ses critères.
  • Un expert peut décrypter un marché.
  • Une institution peut venir écouter les réalités du terrain.
  • Et une école peut faire ce qu’une grande école sait faire de mieux : transmettre.

C’est ainsi qu’un partenariat cesse d’être une juxtaposition de logos.

Il devient un outil.

Donner une maison à l’Observatoire de l’audiovisuel Africain

observatoire de l'audiovisuel africain

L’installation de l’Observatoire de l’Audiovisuel Africain au sein de l’amphithéâtre de l’ESRA change donc la nature du projet.

Un observatoire ne peut pas être seulement un site internet, une accumulation de chiffres ou une succession de rapports.

Pour peser, il lui faut aussi une communauté.

Des contradictions.

Des portes qui s’ouvrent et parfois des débats qui claquent.

Des producteurs qui racontent ce qui bloque réellement sur le terrain. Des étudiants qui interrogent les modèles existants. Des diffuseurs. Des chercheurs. Des cinéastes. Des représentants institutionnels. Des professionnels venus d’Afrique, d’Europe et des diasporas capables de confronter leurs réalités.

C’est cette fonction que doit désormais remplir Beaugrenelle.

Faire de la donnée une conversation. De la conversation, une stratégie. Et de la stratégie, une capacité d’action.

Il devient un lieu où l’on ne vient pas seulement parler du cinéma africain.

On vient parler avec ceux qui le font.

La nuance est considérable.

Deux mardis par mois, la porte sera ouverte

Cette implantation aura également une traduction très concrète.

Deux mardis par mois, l’Observatoire de l’Audiovisuel Africain tiendra une permanence à l’ESRA Beaugrenelle.

Sur rendez-vous, professionnels, talents, producteurs, chercheurs, étudiants, institutions, représentants culturels et porteurs de projets pourront venir rencontrer Tzipporah MAYALA pour:

  • Présenter une problématique.
  • Faire remonter une réalité de terrain.
  • Évoquer un projet.
  • Parler formation ou production.
  • Identifier un interlocuteur.
  • Interroger une donnée.
  • Réfléchir à la circulation d’une œuvre.
  • Ou parfois simplement pousser une porte lorsqu’on ne sait plus à laquelle frapper.

Car observer un écosystème depuis un tableau de bord est utile.

Entendre ceux qui le vivent est indispensable.

Afrique. Europe. Diasporas

Cette maison parisienne ne signifie évidemment pas que le centre de gravité du projet devient Paris.

Ce serait exactement l’inverse de sa philosophie.

L’architecture repose sur trois espaces : Afrique, Europe et Diasporas.

L’Afrique est le socle.

C’est là que se trouvent les histoires, les marchés, les talents, les réalités professionnelles et les transformations que l’Observatoire entend documenter et accompagner.

L’Europe est un levier.

Elle concentre des écoles, des financements, des diffuseurs, des institutions, des marchés internationaux, des réseaux professionnels et une partie des outils permettant d’accélérer la structuration et la circulation des œuvres.

Il ne s’agit donc ni de tourner le dos à l’Europe, ni de lui remettre les clés.

Il s’agit de savoir s’en servir.

Et puis il y a les diasporas.

Longtemps présentées comme un sympathique trait d’union culturel entre deux continents, elles sont en réalité beaucoup plus que cela.

  • Elles produisent.
  • Elles financent.
  • Elles entreprennent.
  • Elles créent.
  • Elles prescrivent.
  • Elles circulent.
  • Elles maîtrisent plusieurs langues, plusieurs marchés et plusieurs codes culturels.
  • Elles constituent une puissance économique, intellectuelle, professionnelle et créative encore insuffisamment mobilisée.

La diaspora n’est donc pas à la périphérie de la souveraineté narrative africaine.

Elle en est l’un des leviers stratégiques.

L’Afrique n’a pas besoin qu’on lui prête une histoire

Pendant longtemps, le cinéma africain a été principalement raconté à travers ses œuvres, ses grands auteurs, ses festivals et ses figures tutélaires.

Cette histoire est fondamentale.

Mais une autre doit maintenant s’écrire en parallèle : celle de l’industrie.

  • Qui produit ?
  • Combien ?
  • Avec quels financements ?
  • Dans quelles salles ?
  • Sur quelles plateformes ?
  • Selon quelles réglementations ?
  • Avec quels droits conservés par les créateurs ?
  • Où sont formés les professionnels ?

Comment circulent les œuvres entre Kinshasa, Abidjan, Dakar, Cotonou, Libreville, Paris, Bruxelles, Montréal, Londres ou Cannes ?

Et surtout :

qui possède les infrastructures permettant de répondre à ces questions ?

C’est ici que la notion de souveraineté narrative défendue par Tzipporah MAYALA prend tout son sens.

La souveraineté narrative ne consiste pas simplement à demander davantage d’histoires africaines sur les écrans.

Elle consiste à construire les conditions permettant aux Africains et à leurs diasporas de concevoir, produire, financer, documenter, protéger, diffuser et transmettre leurs propres récits.

Autrement dit : passer de la représentation à la puissance.

Après Cannes, construire

Le Sommet de la Souveraineté Narrative a permis de poser une doctrine et de réunir un écosystème.

Mais les sommets passent.

Les photographies passent.

Les tapis rouges aussi.

Les institutions, elles, restent.

C’est peut-être là que se trouve la véritable signification du rapprochement entre l’ESRA et L’Étoile de l’Afrique®.

Il ne s’agit plus seulement de créer des temps forts.

Il s’agit de construire l’après.

  • Former.
  • Produire.
  • Accompagner.
  • Mesurer.
  • Documenter.
  • Projeter.
  • Mettre en relation.
  • Faire circuler.

Et créer, entre l’Afrique, l’Europe et les diasporas, des espaces de travail suffisamment solides pour survivre aux effets de mode.

L’ESRA apporte à cette ambition son antériorité, son savoir-faire pédagogique, sa culture professionnelle et son ancrage historique dans les métiers du cinéma.

L’Étoile de l’Afrique® apporte son réseau, sa connaissance des besoins remontés du terrain et cette capacité de mobilisation qui caractérise le travail de Tzipporah MAYALA.

L’Observatoire, lui, doit devenir l’endroit où ces forces rencontrent le réel.

Le Printemps du cinéma africain

Quelque chose est effectivement en train de changer.

Les talents africains n’attendent plus seulement d’être sélectionnés.

Ils veulent être formés.

Les producteurs ne veulent plus seulement pitcher.

Ils veulent produire.

Les diasporas ne veulent plus seulement applaudir.

Elles veulent participer.

Les États commencent à considérer davantage l’audiovisuel comme une industrie stratégique.

Les diffuseurs cherchent des œuvres et des compétences.

L’intelligence artificielle bouleverse déjà les métiers.

Et les questions de propriété intellectuelle, de données, de financement et de souveraineté culturelle deviennent centrales.

Le cinéma africain ne manque pas d’histoires.

Il construit désormais les instruments de sa puissance.

C’est dans ce contexte qu’émerge ce que Tzipporah MAYALA entend installer comme le Printemps du cinéma africain : non pas une saison supplémentaire dans l’agenda culturel parisien, mais un temps de convergence entre création, industrie, institutions, formation et diplomatie culturelle.

Un espace où l’Afrique n’arrive pas comme invitée.

Elle arrive avec ses auteurs, ses producteurs, ses données, ses projets, ses institutions, ses diasporas et ses ambitions.

Une adresse, enfin

Il fallait peut-être commencer par là.

Pour bâtir un écosystème, il faut des idées.

Pour bâtir une institution, il faut aussi des murs.

Désormais, derrière les portes de l’ESRA Beaugrenelle, il existe un amphithéâtre dans lequel pourront se rencontrer celles et ceux qui veulent penser et construire l’avenir des industries africaines de l’image.

  • On pourra s’y former.
  • Y travailler.
  • Y projeter.
  • Y débattre.
  • Y transmettre.

Et deux mardis par mois, y rencontrer directement la direction de l’Observatoire.

L’histoire dira ce qui en sortira.

Mais les histoires du cinéma commencent souvent ainsi : par quelques personnes qui décident qu’une autre manière de faire est possible.

Après Cannes, l’heure n’est plus seulement au récit.

L’heure est à la construction.

Et entre l’Afrique, l’Europe et ses diasporas, à Beaugrenelle, une nouvelle page du cinéma africain commence à s’écrire.

Le Printemps peut commencer.

cineafriquemedia, la vitrine du cinéma africain

© 2022 cineafriquemedia. All Rights Reserved.